Simulation du sommet de l’Union africaine : 24h passées dans la peau d’un Président
« J’ai passé 24 heures dans la peau d’un Président. » Ce n’est pas un rêve, mais une réalité vécue lors de la toute première simulation de l’Union africaine par les jeunes, organisée à Brazzaville le dimanche 20 avril 2025, au Palais des Congrès.

Portée par le Brazzaville International Leadership Youth Forum (BILYF), cette initiative audacieuse avait pour thème : « Renforcer l’éducation et le civisme en Afrique ». Tous les pays membres de l’Union africaine étaient représentés par des jeunes venus de Brazzaville, Pointe-Noire et Kinshasa. Pour ma part, j’ai eu l’honneur et la responsabilité d’incarner le Président de la République de Maurice. Une expérience unique, intense, et surtout riche en leçons que je m’apprête à vous partager.
Tout a commencé le jour où je me suis inscrit
Nous sommes le jeudi 17 avril 2025. Alors que je surfais sur les réseaux, je tombe sur une vidéo annonçant une simulation de l’Union africaine, avec ses 55 États représentés par des jeunes. En regardant la date de l’événement, je constate qu’il aura lieu le 20 avril 2025. Tout de suite, je me dis que c’est déjà trop tard, puisque l’information circulait depuis des mois. Les jeunes se sont donc sûrement déjà inscrits pour représenter ces pays.

Pourtant, je ne m’arrête pas là. Je laisse quand même un message sur WhatsApp :
« Bonjour ! Puis-je savoir comment le choix des représentants des pays se fait ou s’est fait pour la simulation du sommet de l’Union africaine prévue au Palais des Congrès ce dimanche ? »
Deux minutes plus tard, je reçois une réponse :
« Il était question de s’inscrire en ligne via un formulaire… Mais vous tombez bien. Il y a deux pays qui n’ont pas encore de représentants. »
Magnifique ! On me demande alors d’envoyer les noms de ma délégation si je souhaite faire partie des participants, en précisant que celle-ci devait être composée d’un.e Président.e, d’un.e Ministre des Affaires étrangères et d’un.e Ambassadeur.rice.
Dans ma peau de Président

Très rapidement, il me fallait trouver des personnes disponibles pour constituer ma délégation. J’ai contacté quelques amis, et je me suis rendu compte que le dimanche en question, c’était la Pâques. Tant bien que mal, j’ai réussi à réunir des personnes motivées pour m’accompagner. J’ai ensuite envoyé la liste à l’équipe d’organisation, et c’est ainsi que nous avons été désignés pour représenter la République de Maurice.
Il fallait maintenant lire les règles du jeu, se renseigner sur notre pays, trouver des sujets à défendre et préparer mon discours en tant que Président. Nous n’avions que deux jours pour tout ça. C’était un véritable challenge… et nous l’avons relevé avec détermination !
Le jour de la simulation du sommet arrive

Tout commence par une mise en situation sérieuse. Dès notre arrivée, les badges étaient distribués : Chefs d’État, ministres et diplomates. Ce jour-là, je n’étais plus Prince-ley Ntontolo. J’étais Son Excellence, Président de la République de Maurice. Et croyez-moi, mon badge de président avait un poids symbolique immense. Je savais que j’allais devoir parler au nom d’un pays. Développer une vision, défendre une idée, convaincre une assemblée.
Cette simulation n’avait rien de fictif dans l’intention : elle nous plongeait dans la réalité des hautes fonctions africains. Et il fallait être prêt.
Simulation : une Assemblée de Jeunes Leaders
Dans cette grande salle de conférence, des visages sérieux, engagés, brillants. Chaque jeune incarnait un pays et défendait ses positions avec conviction. L’ambiance était celle d’un vrai sommet : discours, débats, négociations… avec un protocole strict.
Nous avons discuté d’enjeux majeurs : l’accès équitable à l’éducation, la citoyenneté active, l’engagement civique dès le plus jeune âge. J’ai pris la parole, au nom de Maurice. Et dans mon discours, une phrase a retenu l’attention de mes homologues :
Quand les gouvernements feront confiance aux jeunes, ces derniers ne se demanderont plus ce que l’Afrique peut leur offrir, mais ce que, eux , peuvent offrir à l’Afrique.
J’entends encore les acclamations retentir dans ma tête. C’était émouvant.

Plus qu’un jeu de rôle : une prise de conscience lors de la simulation de l’Union africaine
Cette expérience m’a fait prendre conscience de la complexité du leadership politique. Mais surtout, elle m’a donné foi en ma génération. Les jeunes que j’ai rencontrés ce jour-là ont démontré qu’ils étaient prêts. Ils ont des idées, des propositions concrètes et une énergie contagieuse.
On dit souvent que la jeunesse est l’avenir. Moi, je crois que nous sommes déjà le présent. Ce qu’il nous faut, c’est l’espace pour nous exprimer, des cadres pour nous former, et des responsabilités à assumer.

Et maintenant ?
Je repars de cette simulation avec une conviction renforcée : nous devons créer davantage de cadres comme celui-ci. Des lieux où les jeunes peuvent se projeter, apprendre à décider, à débattre, à représenter. Des lieux où la voix des jeunes compte.
Merci à BILYF pour cette belle initiative. Merci à tous les jeunes leaders présents ce jour-là. Et merci à mes collaborateurs qui ont joué le jeu, le temps d’une journée. Nous étions formidables !
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